Florence

Florence Bellier est Présidente du Groupe de recherche historique de Jouy-en-Josas, association partenaire de notre office de tourisme depuis de nombreuses années. Cette collaboration permet en particulier de mieux valoriser le patrimoine historique de la ville.

Voici son portrait et son engagement au sein de l’association.

 

L’Office de Tourisme : Florence, par quel cheminement avez-vous été amenée à devenir Présidente du Groupe de recherche historique de Jouy-en-Josas (GRH) ?

Florence : En suivant un chemin balisé par l’histoire et par la recherche en histoire ; après avoir enseigné avec passion l’histoire et la géographie pendant près de 40 ans, en France et à l’étranger, puis après avoir entrepris des études pour mieux approcher la culture des Iraniens et de l’Iran où j’y avais vécu en famille.

Ces études m’ont permis d’être intégrée dans une équipe de recherche “Monde Iranien”, de publier en 2007 un livre sur les relations franco-iraniennes “France Iran, quatre cents ans de dialogue” et, en 2014, un livre sur des chrétiens d’Iran, les Assyro-Chaldéens “Chronique de massacres annoncés. Les Assyro-Chaldéens d’Iran et du Hakkari face aux ambitions des empires, 1896-1920”.

Le virus de la recherche était pris.

 

L’OT : Il vous était donc tout à fait logique de vous intéresser aux travaux du Groupe de recherche historique ?

F. : Oui, même si je n’ai pas connu tout de suite le GRH car à notre arrivée à Jouy-en-Josas en 1977, il m’a fallu gérer vie de famille et vie professionnelle.

J’ai adhéré au GRH plus tard et suis entrée au conseil d’administration en 2014, encouragée par Claude Dupuy et par Jacques Bassot, à qui j’ai succédé comme présidente en 2016. Jacques Bassot avait alors accompli un objectif auquel il tenait par-dessus tout, celui de célébrer en 2015 le bicentenaire de la mort d’Oberkampf.

 

L’OT : Est-ce que cette activité vous passionne ?

F. : Oui, sinon j’arrêterai.

Au-delà des recherches, ce qui me passionne vraiment c’est de redécouvrir Jouy-en-Josas avec d’autres personnes. Les rencontres autour de l’histoire de Jouy sont fantastiques et conduisent à de véritables amitiés. C’est vraiment cela qui m’anime.

 

L’OT : Chaque président a son style. En quoi vous démarquez-vous de vos prédécesseurs ?

F. : C’est plutôt à vous de le dire. Claude Dupuy a été l’un des pionniers du GRH ; il s’est passionné pour ce qu’il faisait sans perdre son humour. Jacques Bassot a mis toute son énergie à la préparation de l’année Oberkampf ; c’est lui qui m’a offert de travailler sur les cahiers historiques avec Karine et Radu Crainic.

Je crois avoir proposé une autre manière d’imaginer les deux cahiers historiques annuels en cherchant à leur donner un autre équilibre autour d’un article de fond sur le patrimoine, d’un article sur une personnalité de Jouy et d’un article bâti sur des témoignages. La relecture des articles appelés à figurer dans les cahiers a ensuite été confiée à un comité scientifique.

 

On travaille beaucoup sur la présentation des cahiers historiques pour les rendre plus attirants et plus accessibles. C’est sans doute leur côté humain, celui de la petite histoire dans la grande Histoire, qui leur assure une bonne diffusion et permet au GRH de poursuivre ses recherches.

Je profite de l’opportunité qui m’est donnée de toucher des personnes très différentes pour lancer un appel, car nous ne sommes jamais assez nombreux pour mener des recherches et en faire des articles : “Si vous aimez l’histoire, venez nous rejoindre ! ”.

 

L’OT : Comment obtenez-vous les informations ?

F. : Soit en allant aux archives, en lisant les bulletins municipaux ou le journal Val de Bièvre, soit en interrogeant les habitants ou les témoins, en remontant et en suivant des pistes un peu comme des détectives.

 

L’OT : Depuis décembre 2005 et à raison de deux cahiers par an, la question se pose de savoir s’il y a encore des sujets à traiter ?

F. : Mais oui, les sujets à traiter surgissent en permanence ! Ils se présentent à nous en fonction des événements, des demandes, des suggestions. En vérité, ce n’est jamais fini.

 

L’OT : Quels sont les projets du GRH ?

F. : Les projets s’inscrivent dans une durée plus ou moins longue.

Il y a dans l’immédiat :

  • le projet d’évoquer l’histoire du domaine de Montéclin, où a résidé la délégation ottomane en 1919,
  • celui de s’associer à la célébration du cinquantenaire du Parc de Diane, en inscrivant sa construction dans l’histoire plus vaste des lotissements de Jouy-en-Josas,
  • enfin, le projet de partir sur les traces d’Émile Mousseau et de la blanchisserie Mousseau.

Ensuite, il faudrait redécouvrir les parcs de Jouy, celui du duc de Beuvron au Grand Château, celui du château du Montcel, le jardin anglais de Madame Oberkampf et bien d’autres.

Sur la plus longue durée, le GRH cherche à mieux connaître la vie des Jovaciens, au sein de chacun des quartiers de Jouy, et à rassembler les connaissances sur « l’Eau en haute vallée de la Bièvre ».

Notre association entame aussi la refonte de son site internet pour lui donner plus de visibilité et pour élargir le nombre d’internautes qui pourraient le consulter avec intérêt et plaisir.

 

L’OT : Combien d’adhérents compte le GRH ?

F. : C’est une association Loi 1901 qui compte, à la fin de l’année 2020, 125 adhérents.

L’adhésion annuelle de 28 € donne droit aux deux cahiers historiques de l’année et à la participation à toutes les manifestations du GRH.

Nous aimerions intéresser et rassembler encore plus d’adhérents prêts à investir un peu de leur temps pour élargir le domaine des recherches.

 

L’OT : Quelle est l’attitude du GRH vis-à-vis des sociétés historiques des environs ?

F. : Le GRH est ouvert et à l’écoute des autres sociétés historiques.

Il a établi une grande collaboration avec les Archives Vivantes de Bièvres, présidées par Janine Milliard, ce qui est naturel entre associations de deux communes voisines de la vallée. Il s’est rapproché du Groupe historique de Toussus-le-Noble (GHTN) présidé par Alain Guyot, même si les deux groupes ont moins de choses à partager. Mais rien de commun ne s’est encore fait avec le Groupe d’histoire des Loges-en-Josas (ASPEH).

Le Groupe de recherche historique de Jouy-en-Josas est membre du conseil d’administration de la Fédération d’histoire des Yvelines dont le président est François Boulet. Il participe aux réflexions aux côtés d’autres associations d’histoire des Yvelines. Il s’efforce de mieux faire connaître la richesse du patrimoine local de Jouy-en-Josas. Il prend part aux colloques organisés par la fédération, comme en 2020, avec la rédaction d’un article sur la venue de deux Écossais à Jouy au temps d’Oberkampf : “Souffle écossais sur Jouy au temps de la manufacture d’Oberkampf, 1760-1820”.

 

L’OT : Avec quelles autres institutions êtes-vous en relation ?

F. : Le GRH entretient une collaboration enrichissante avec la mairie de Jouy-en-Josas qui le sollicite, soit pour faire des recherches sur un sujet d’histoire précis, soit pour intervenir dans les écoles ou auprès des jeunes. Il mène une partie de ses recherches dans les archives communales gérées par Olivier Renoult.

Le GRH travaille main dans la main avec le Musée de la toile de Jouy, qui dispose d’un fonds documentaire très riche, et avec la Maison Léon Blum. Il est aussi représenté au conseil d’administration des Amis du musée de la toile de Jouy. Des projets de recherches communes ont été lancés avec Esclarmonde Monteil dans le passé ; de nouveaux projets sont élaborés aujourd’hui avec Charlotte du Vivier-Lebrun et Alexia Fontaine, pour le musée, avec Delphine Romani pour la Maison Léon Blum, ou avec Étienne Mallet pour les Amis du musée de la toile de Jouy.

Le GRH a contribué à la rédaction et à la recherche des illustrations d’une plaquette sur le Grand Château de Jouy, réalisée à l’initiative de l’ancien directeur de l’ex-CRC (HEC le château), Jean-François Guillon ; il en a rédigé l’historique jusqu’à la cession du château par la famille Mallet en 1954. Ainsi ont été jetées les bases d’une collaboration appelée à se développer.

 

L’OT : Quelles sont les interactions du Groupe de recherche historique avec l’Office de tourisme de Jouy-en-Josas ?

F. : Elles sont très nombreuses et il me semble que c’est un partenariat qui profite à chacun. L’office de tourisme fait appel au GRH quand une question historique lui est posée. Il s’est beaucoup inspiré des publications du GRH pour enrichir les contenus de son site internet. Il fait aussi appel au GRH pour guider les visiteurs dans la ville.

De son côté l’office de tourisme fait la promotion des publications du GRH, dont il assure la diffusion.

 

L’OT : Vous êtes l’épouse de Jacques Bellier, qui fut maire de Jouy durant deux mandatures. Pouvez-vous nous dire si cela a influé sur l’intérêt que vous aviez pour le passé de la ville et s’il y a eu des interactions plus importantes entre le travail de recherche du GRH et la perception de la ville par la mairie ?

F. : Non, pour répondre à la première partie de la question. Mon intérêt pour l’histoire de la ville n’est pas lié à la personne qui exerce la fonction de maire de Jouy-en-Josas. Les derniers maires ont d’ailleurs tous beaucoup tenu à leur devoir de réserve.

La réponse à la seconde partie de la question est plus nuancée.

À chaque cérémonie des vœux, Jacques Toutain (maire jusqu’en 1985) traitait une question relative à l’histoire de Jouy et le docteur Poucet, conseiller municipal, a été l’un des fondateurs du GRH. Monique Le Saint (maire jusqu’en 2008) a engagé la mairie à soutenir les publications du GRH.

Pendant les deux mandats de Jacques Bellier (jusqu’en mai 2020), de nombreux conseillers ont adhéré au GRH. Il a été sollicité pour présenter les première et seconde guerres mondiales aux enfants des écoles, pour présenter les faits marquants de l’histoire de Jouy aux jeunes du Centre aéré, pour revenir sur l’évolution de l’espace à Jouy, ou encore pour faire visiter la ville à la délégation d’Italiens venue à Jouy en juin 2019.

En contrepartie, cela a ouvert au GRH de nouvelles pistes de recherches.

Caroline Blanchard et Lauriane Venot, au cabinet du maire, ont communiqué dans le Guide culturel ou dans l’Imprimé de Jouy sur les conférences organisées par le GRH et ont rappelé les thèmes des cahiers publiés par le GRH ; tandis que Christine Brigant informait de la sortie des cahiers dans l’Agenda mensuel. Enfin, à la suite de la fuite d’eau qui a eu lieu au CSA et a endommagé une partie de ses documents, le GRH dispose d’étagères en mairie où il peut déposer ses propres archives.

Ainsi, la vision du maire de Jouy-en-Josas et celle des conseillers municipaux impliqués dans de nouveaux projets, s’enrichissent de la vision du passé. Les cahiers du GRH peuvent contribuer aux réflexions sur les aménagements de la ville.

 

L’OT : Nous arrivons au bout de cet entretien, voici deux questions sous forme de portrait chinois pour mieux vous connaître.

  • Si vous étiez une période de l’histoire, quelle serait-elle ?

F. : Une période charnière de l’histoire. L’une de ces périodes où des changements rapides couronnent une plus longue évolution et dont le monde sort transformé, telle celle du tournant des XVIIIe et XIXe siècles, avec la révolution de 1789 et les transformations qui en ont découlé.

  • Si vous étiez un lieu ou un monument de Jouy, que seriez-vous ?

F. : La Maison du pont de pierre car elle est à la fois ramassée sur elle-même et ouverte aux passages et à la Bièvre ; elle est bien antérieure à l’arrivée d’Oberkampf à Jouy-en-Josas, mais elle est toujours là et elle est ancrée dans la vie de Jouy-en-Josas.

 

L’OT : En conclusion, comment définiriez-vous, en un mot ou deux, le GRH ?

F. : Un espace de mémoire partagée !

Comme conclusion ultime, j’ajouterai que ma conviction profonde est que l’on ne peut pas vivre sans connaître le passé. Je crois qu’il y a des contraintes ou des événements qui pèsent toujours sur le présent, ainsi de la contrainte de l’eau à Jouy, à travers les sources ou la Bièvre, ou de celle du chemin de fer qui traverse le centre de Jouy.

 

L’OT : Nous vous remercions, Florence Bellier, présidente du Groupe de recherche historique de Jouy-en-Josas, pour votre disponibilité, vos réponses sans fard et tout le travail que vous orchestrez pour faire revivre le passé de Jouy-en-Josas !

 

Pour rappel, les cahiers historiques paraissent chaque année en hiver et en été, et sont en vente dans la boutique de notre office de tourisme.